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Les FabLabs et lieux de fabrication numérique, incubateurs du 21ème siècle

Depuis 20 ans, Internet, en s’ouvrant aux particuliers et aux entreprises, a redessiné notre rapport au quotidien. Avec lui, nous avons réinventé notre façon de nous informer, de partager, de vendre, de créer, de prospecter, d’enseigner, etc.

Depuis peu, Internet s’hybride avec notre environnement physique. L’Open Source Hardware naît, symbolisé par la RepRap, imprimante 3D auto réplicante. Plans et modélisations se libèrent, les objets se connectent, tandis que la viralité de la culture Open Source accélère le cycle de l’innovation.

Un écosystème émerge

La fabrication numérique personnelle devient possible grâce aux FabLabs et autres MakerSpaces, accompagnés des entreprises qui inventent et distribuent le matériel tel Snootlab, ou bien fournissent des services comme Sculptéo. Les premières formations françaises dédiées apparaissent, comme les D.U. de l’Université de Cergy-Pontoise.

Ce réseau d’acteurs pluridisciplinaires se structure en un maillage national fort qui diffuse les valeurs de l’innovation bottom-up, moteur indispensable de l’industrie et de l’économie du 21ème siècle : curiosité et passion, partage non marchand de la connaissance, apprentissage entre pairs par la pratique, amélioration continue grâce aux licences Open Source, mise à disposition de matériel de pointe comme par exemple à l’Electrolab.

Des lieux ouverts et innovants

Plus particulièrement, les FabLabs, micro-usines locales et partagées, fournissent à chacun machines avancées (imprimantes 3D, découpes laser, fraiseuses et tours numériques), outils traditionnels (machines à coudre, défonceuses, fers à souder), appareils de mesure et espaces collaboratifs pour passer très rapidement de l’idée à l’objet, prototyper, innover, réparer, transformer, créer localement.

Mais surtout en reliant artistes, électroniciens, mécaniciens, ingénieurs, artisans, étudiants, chercheurs, retraités, passionnés… ils encouragent la créativité et la prise d’initiative, et développent le désir de créer, d’apprendre, d’entreprendre ensemble. Ce sont des dispositifs d’innovation collective.

En simplifiant l’accès aux outils technologiques, ils brisent les barrières économiques et sociales et permettent à des individus de se réapproprier les moyens de conception et de fabrication. De par cette facilité d’accès, les startups aux moyens limités telle Naio Technologie bénéficient également de cette proximité et peuvent développer idées et prototypes à moindre coût.

Ancrage territorial, réseaux et quartiers numériques

Au niveau local et international, cet écosystème réticulaire crée de nouvelles dynamiques : attirer et révéler l’innovation plutôt que d’aller la repérer, concilier partage et activité économique, faciliter la sérendipité, au lieu d’une sélection a priori de projets.

De toute évidence pièces maîtresses des Quartiers Numériques urbains et ruraux, les FabLabs se doivent d’être inclusifs pour remplir leur mission. Ouverts aux écoles, laboratoires et entreprises, ils leur proposent de prototyper, produire et distribuer autrement.

Ouverts et désirables pour les citoyens, ces lieux de créativité, de formation, de réappropriation des technologies et des savoir-faire, sont des espaces d’exploration et d’incubation avant tout au service de l’innovation, évidemment technologique mais surtout sociale, économique et pédagogique.

Signataires : Emmanuelle Roux et Laurent Ricard (sc21, la Forge des Possibles et le FacLab), Pascal Minguet (FabLab-Net-IKi), Julien Bellanger et Cédric Doutriaux  (PiNG), Emmanuel Gilloz (GsiLab/Nybi.cc), Frédéric Jourdan (Snootlab), Nicolas Lassabe (co-fondateur et président d’Artilect FabLab Toulouse), Hugues Aubin ( Labfab de Rennes et chargé de mission TIC Rennes/Rennes Métropole) et John Lejeune (LabFab Rennes), Samuel Lesueur (représentant le CA de l’association Electrolab), François Germinet (Président de l’Université de Cergy-Pontoise)